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CONCLUSION :

 

Il est assez difficile de tirer un bilan sur une quelconque campagne de propagande. L'effet recherché étant psychologique, il est de ce fait, très difficile à mesurer ou estimer. Néanmoins, la propagande a toujours pour but de pousser une personne à un quelconque acte, on peut ainsi quelque peu mesurer l'efficacité d'une propagande à travers le passages à l'acte. De plus, le deuxième facteur de mesure d'efficacité d'une campagne propagandiste est tout simplement l'analyse objective de cette campagne.

On peut considérer dès lors certains échecs comme celui de l'Allemagne dont la propagande avait pour but premier de généraliser la collaboration, or celle-ci demeura un phénomène marginal. Néanmoins on peut voir certains effets de la propagande dans ce même phénomène, ainsi, la collaboration était surtout un phénomène urbain tout comme la propagande allemande. La collaboration en zone Nord devint assez importante tout de même entre 1941 et début 1942 (on estime approximativement entre 150 et 200 000 le nombre d'engagés dans la politique collaborationniste, dont les adhérents du parti populaire français de Doriot) à l'époque où les allemands avaient le dessus sur les combats et la propagande puis retomba nettement à partir de fin 1942 tout comme les effets de la propagande nazie.

Vichy mena une campagne acharnée sur un thème particulier qui était la L.V.F. (légion de volontaires français contre le bolchevisme), les résultats d'engagement furent assez révélateurs de l'efficacité de la campagne: il n'y eut que quelques milliers d'hommes alors que l'on en escomptait 100 000 ! La fameuse Milice de Vichy est aussi un exemple, le bras radical du régime rassemblait toutes les personnes convaincues par l'idéologie de Vichy. Or cette milice ne rassembla pas plus de 15 000 hommes à son apogée. On peut donc considérer que la propagande du régime ne réussit pas à convaincre les masses convoitées.

Les Alliés et la résistance avaient un but commun dans leur propagande : le recrutement de résistants. Le nombre de résistants même s'il dépend bien sûr d'autres facteurs, dépend en partie des propagandes allié et résistante et révèle l'efficacité de celles-ci. L'augmentation des effectifs en 1942, si elle n'est pas seulement dépendante de celle-ci, correspond à la réelle entrée en scène de la propagande alliée en France et à l'essor de la propagande clandestine de la résistance. Ainsi sur les 100 000 hommes estimés dans les rangs des F.F.I. en mai 1944, on peut considérer qu'une bonne partie des engagés a été influencée par la propagande même si une estimation réelle serait trop approximative.

Ce qui est très important à savoir pour apprécier la propagande lors d'un conflit, c'est que l'efficacité de la guerre psychologique est toujours intimement liée au cours des événements militaires car le peuple, s'il est influençable, n'est pas pour autant naïf et connaît la valeur des faits.

Sur un plan plus général, on peut conclure que la propagande allemande en France occupée fut un échec. Les nazis   auraient pu rallié la population française jusqu'en 1941 s'ils avaient présenté un programme clair et juste de « l'ordre nouveau européen », de plus, ils auraient pu aussi profiter des «tâtonnements » des alliés jusqu'en 1942. Seulement ils n'ont pas réussi dans la mesure où la collaboration ne devint pas un phénomène de masse mais demeura marginale et mal vu. Cela s'explique principalement par l'arrogance de leur propagande et leur refus de définir clairement leurs intentions.

Vichy avait conquis une bonne partie de l'opinion publique en 1941 car ils avaient su rassembler la population derrière l'image du maréchal mais moins   derrière leurs idées dans leur propagande. Néanmoins, la popularité   du régime baissa nettement en 1942 avec notamment l'instauration du S.T.O. qui fut massivement rejeté par la population malgré l'intense propagande dont il fit l'objet. Après la disparition de la zone libre en novembre 1942, la propagande vichyste perdit beaucoup de sa crédibilité et ne reçut quasiment plus aucun écho auprès de la population française. En clair, la propagande vichyste obtint des résultats concluants jusqu'à fin 1941 avant de perdre toute son efficacité.    

On peut considérer que les Alliés ont gagné la guerre psychologique. La propagande alliée n'a réellement eu d'importance qu'à partir de 1942, car son apport était négligeable avant cette date. Au sein même des alliés, une distinction est à faire entre les propagandes américaine et britannique. Les américains avec une propagande très naïve, hésitante et par conséquent ne   pouvant que peu rassembler les foules ont connu une défaite à peu près totale face aux allemands en France occupée. Les britanniques, en revanche, ont connu des succès très nets face aux allemands dans la guerre psychologique en France occupée (c'est le cas notamment de la campagne des V) et ont globalement largement eu l'avantage sur les allemands durant la guerre bien aidés il est vrai par leurs succès militaires. De plus, la victoire psychologique des alliés ne fut permise que grâce à l'action de la résistance, en effet sans l'appui psychologique important qu'elle a fourni à partir de 1942, la victoire aurait été impossible.

La résistance a donc fourni un appui décisif aux alliés et a elle-même remporté de nombreuses victoires propagandistes sur les allemands en profitant des faiblesses de son adversaire et en rassemblant les français autour de valeurs patriotiques.

La seconde guerre mondiale est un excellent exemple de guerre psychologique moderne, elle démontre à la fois l'importance de cette propagande mais aussi sa dépendance vis-à-vis des faits militaires. En effet, en cas de conflit la guerre psychologique est toujours liée au cours des événements militaires, la seconde guerre mondiale en est l'exemple type : même si d'autres facteurs rentrent en compte on constate que le belligérant qui avait le dessus avait souvent le dessus aussi dans le conflit militaire. La guerre psychologique est un aspect important de la guerre moderne mais elle n'en est qu'un élément dépendant des autres.

 

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